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30 sept 2008 Du passé…
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Train jaune Font Romeu

Il y a de cela quelques mois, le 29 Janvier 2008, de retour d’une formation à Paris, j’écrivais ceci dans le TGV qui me ramenait à Perpignan:

Dans même pas un mois, j’ai trente ans, comme je suis un mec commun, j’appréhende ça comme un cap. Et comme je ne veux pas déroger aux clichés d’un trentenaire, j’ai décidé de faire une liste de ce que j’aimerais accomplir pour mes trente-cinq ans. Au début, j’avais prévu que ce serait pour mes trente ans mais, les délais me semblent vraiment courts.

Au fur et à mesure que je notais les différents points de celle-ci, je me suis rendu compte que non seulement je n’avais rien foutu de ma vie mais qu’en plus mon avenir tel qu’il se présentait, risquait de ne pas changer ça.

Souvent, je pense à quand j’étais plus jeune à mes parents avant qu’ils ne se séparent. A cette époque, nous vivions tous les quatre dans une ville proche de Perpignan. Leurs week-end se résumaient alors pour ma mère à accomplir ces tâches ménagères et pour mon père à larver devant la télé à regarder des sports qu’il n’avait et ne pratiquerait sûrement jamais. Quand je pense à tous ces week-ends je me dis qu’ils avaient quand même une vie de merde.

Aujourd’hui, je me rends compte qu’à la veille de mes trente ans, avec dix ans minimum qu’eux à cette époque, je vis déjà comme eux.
Sauf, qu’en plus c’est moi qui me tape les tâches ménagères. Enfin, pas toutes parce que comme tout bon trentenaire des années 2000, faute de place et aussi par facilitée, c’est encore ma mère qui aujourd’hui me fait mes lessives et repasse mes fringues une fois par semaine.

Cette année, je me suis fait payer par la boite une formation. Ça fait huit ans que tous les ans, j’entends la même rengaine : « surtout, n’hésite pas, si tu veux faire une formation, dis le. »
Alors, cette année, j’ai pris les devant, et du coup, j’ai eu droit a non pas une, mais deux formations. Une semaine aux frais de la princesse à Paris.
Je suis parties des projets de sorties, plein la tête, une semaine à Paris cela allait être le pied.

Aujourd’hui, alors que je couche ces mots, je suis dans le train du retour. Quand je fais le point sur cette fameuse semaine, je suis content de mes formations. C’est exactement ce que j’attendais, j’étais parti pour voir ou en étaient mes compétences, voir quel était mon niveau, et honnêtement je n’ai pas de quoi rougir. Pour ce qui est des sorties la par contre, pas de quoi pavoiser.
En une semaine, hors formation les seules fois où je suis sorti de ma chambre ce fut pour aller manger dans des boui-boui les plus minables les uns que les autres. La raison pour laquelle je ne suis pas sorti est simple, pas envie de prendre le métro, une appréhension peut être, va savoir.
Le pire, c’est que pour rejoindre la gare de Lyon, j’ai dû le prendre, non seulement je ne me suis pas perdu, mais en plus, je m’en suis sorti comme un chef. J’arrive d’ici une quinzaine de minutes à Perpignan et ça fait maintenant près de 5 heures que je me maudis de ne pas avoir franchis le portique plus tôt.

Ma vie, c’est un peu comme ça qu’elle se résume en fait. Des envies mais toujours cette foule d’appréhension qui me bloquent et m’empêchent de pousser ce fameux portique. De Paris, j’étais revenu pleins de bonnes intentions, m’essayer à une activités ‘artistique’ et pourquoi pas changer ma situation professionnelle. Seul problème, changer oui mais tant qu’a faire ne pas rester à Perpignan.

Début Mars, chevalet, toiles, pinceaux et peintures acquis, je me m’essayais à faire des ronds et des carrés, 2 mois plus tard je trouvais ce que j’aimais peindre, des portraits à la Andy Warhol que je reproduisais de tableaux glanés sur le net. Neuf mois ce sont écoulés maintenant depuis que j’ai mis le pied sur le quai de la gare avec l’envie de reprendre ma vie en main.

A l’époque, je n’ai pas fini ce texte va savoir pourquoi. Peut être parce que je voyais le chemin qu’il risquait de prendre, peut être parce qu’il allait irrémédiablement bouleverser ma vie, ou encore ai-je tout simplement été déranger ou bien que le temps d’achever mes réflexions étions nous arrivés à destination. Ma vie reprenait alors morne et taciturne, réglée sur le modèle boulot-dodo.